Il y a un peu plus de 30 ans de cela, le Colonel Tejero investissait les Cortes (l'Assemblée Nationale espagnole), pistolet à la main.
Avec quelques hommes de troupes et des renforts espérés du monde politique et de quelques casernes militaires, il espérait participer au renversement de la toute jeune démocratie espagnole.
Les '23-F' comme on dit en Espagne.
Mes grand-parents, alors en France chez une de leurs filles, ma mère en l'occurrence, vécurent cette nuit avec les lueurs de ce que l'Espagne Franquiste d'il n'y avait pas si longtemps de ça et surtout celles de ce que la Guerre Civile avait fait à leur vie.
Je m'en souviens comme si cétait la nuit dernière.
Ou plutôt l'avant dernière.
Non que ma mémoire de cette nuit me fasse défaut, mais la nuit dernière, en fait, je ne m'en souviens pas trop.
A l'automne dernier, Actes Sud a publié en France le dernier texte de Javier Cercas - 'Anatomie d'un Instant'.
Considérations personnelles sur un geste historique: le moment où quand les députés se couchent devant le pistolet de Tejero, seuls trois hommes, dans un lieu sacré de la démocratie font front.
Les références politiques locales seront peut-être obscures pour qui n'est pas familier de ce moment espagnol, mais la plume et le travail de Cercas permet de surmonter cet écueil.
Et surtout, sur un principe littéraire proche de celui de 'Soldats de Salamine', emporte tout sur son passage au moment de parler de l'âme de la démocratie, de l'éthique politique et de lien des hommes avec leurs pères.
Après tant et tant et tant et tant d'années à écouter de la musique, après tant et tant et tant et tant d'artistes entendus, découverts, abordés, aimés, honnis, adulés, adorés, oubliés, revenus d'entre les morts, après des milliers d'albums écoutés comme autant de prêches, manipulés comme autant de chapelets, vénérés comme autant d'idoles, sacralisés comme autant de reliques qui entretiennent autant de nos fois propres, après les estomacs en berne et les genoux à terre, après tout cela et d'autres choses encore, arrivent parfois des gens qui construisent sans plans et sans même le savoir, les cathédrales dans lesquelles on sait de suite l'harmonie des choses et le remuement des z'âmes z'et tripes qui font l'apaisement.
Pour toujours.
Dès la première écoute et jusqu'au dernier souffle.
Thank you Josh.
Merci Serge !
02 - Sweetheart, I Ain't Your Christ
04 - Honeymoon's Great Wish You Were Her
Le seul but de ces mises en ligne est de partager, de faire connaitre et, le cas z-échéant, de donner envie...
Volontairement je ne diffuse de la musique qu'en mp3. L'objectif n'est pas de vous proposer de télécharger. Si ces artistes vous plaisent, achetez leur musique !
Enjoy !!!
...Monster Magnet car enfin, merde !!! Je veux être clair et ferme et fixe et définitif sur le coup: voici le plus sous-estimé (dans nos contrées épargnées depuis toujours par le nuage de 'Tcherno Bill & The Atoms') groupe US de ces 20 dernières z'années.
Au moins.
Et ni plus.
Et ni moins.
Et je dis ceci avec toute ma mauvaise foi du Monde que j'ai sur la Terre, dans l'Univers et depuis la fin du Monde jusqu'à le 'the' avant du Big Bang.
Puissance 1000.
Monster Magnet, avec 'Mastermind' revient aux affaires après un '4 Way Diablo' bof, bof, bof...
Ca veut bien dire que tout le reste de la discographie est up, up, up !!!
Un changement de label récent et voilà-t'y pas qu'en plus on annonce la sortie (sous forme à définir) des morceaux les plus psychés du groupe (dans ses différentes moutures), non retenus à l'occasion de créer les albums.
Mais à la limite, peu importe ceci. Je trouve encore une fois très con qu'ici on ne découvrira à l'arrache et bien bien tard que ce putain de groupe et son histoire valaient qu'on s'y intéresse au moment de ses hauts, au moment de sa vie.
C'est un coup de gueule du soir, à la hauteur du bordel sonore que ces gars-là sont capables de dégueuler !
Et si un jour ils serrent les dents au moment de gerber, je vous promets qu'il vaudra le coup d'aller fouiller dans ce qu'ils auront laisser filer hors de leur gueule... des pépites surnageront toujours !
Et là, ce n'est pas un gimmick: FUCK YEAH !!!
3 morceaux en écoute, un classique et deux nouveaux...
Le seul but de ces mises en ligne est de partager, de faire connaitre et, le cas z-échéant, de donner envie...
Volontairement je ne diffuse de la musique qu'en mp3 128k. L'objectif n'est pas de vous proposer de télécharger. Si ces artistes vous plaisent, achetez leur musique !
Enjoy !!!
En 1979, Norman Mailer publiait un monument de la littérature: 'The Executioner's Song', paru chez nous sous le titre de 'Le Chant du Bourreau' (trouvable et, accessoirement, obligatoirement lisable en Pavillons Poche/Robert Laffont).
L'ambition de Mailer à peut-être vouloir dépasser le 'De Sang Froid' de Truman Capote (sur un thème similaire mais une affaire différente) le conduisit à se saisr d'un fait divers réel et à le traiter sur le mode du reportage mais avec les techniques du roman.
Il s'agit simplement d'une question de goût et de choix personnel quant à savoir lequel du 'Chant du Bourreau' ou de 'De Sang Froid' est son préféré.
Mailer, sur 1200/1300 pages raconte l'histoire de Gary Gilmore, meurtrier dont l'Amérique a suivi le sort de près à l'époque. Gilmore, réclama lui-même son exécution, dans un état qui avait alors aboli la peine de mort, contre l'avis de ses avocats et exigea d'être fusillé.
Bien sûr cette fin est le point de départ pour un romancier et Mailer avec cette matière reconstitua l'histoire de Gary Gilmore d'une manière qui fait que, quand on entre dans 'Le Chant du Bourreau', il est impossible d'en ressortir dans l'état dans lequel on y est entré.
Ni roman à charge ou à décharge, Mailer écrit un texte sur l'inéluctable d'un parcours et la bagarre d'un homme pour être exécuté coûte que coûte; cette même veine, ici magnifiée, que l'on trouve dans toutes les 'murder songs' US depuis 'Stagger Lee'.
En passant chez un de mes libraires hier matin pour fouiner quelques pages à croquer quand bien même un stock de bouquins attendent d'être lus dans mon chez moi (genre stock que certains font en sucre à l'annonce de guerres z'imminentes et autres fins du monde programmées vers 16h32 GMT), celui-ci, mon libraire à moi, m'annonçât que dans les sorties à venir (le 10 février très exactement, avant même le début de la fin du monde à 16h32 GMT) sortait chez Sonatine, un bouquin qui s'intitule 'Un Long Silence', inédit jusqu'à aujourd'hui en France.
Le rapport avec ce que j'ai raconté ci-dessus ?
'Un Long Silence' est écrit par un ancien journaliste de Rolling Stones qui s'appelle Mikal Gilmore. Le frère du Gary Gilmore dont Mailer raconta la demande de mort pour expier ses mauvaises pensées.
Mikal Gilmore raconte de l'intérieur, l'histoire de sa famille, de son frère, de toute cette histoire familiale et nationale et populaire (en un sens) comme pour se libérer des démons qui le hantent depuis qu'il est gamin.
J'ai 'Le Chant du Bourreau' plus profondément ancré en moi que 'De Sang Froid'. A sa parution US j'ai donc lu le bouquin de Mikal Gilmore.
Je ne sais ce que vaudra la traduction française, mais préparez-vous être humainement secoué si vous décidez d'ouvrir ce livre et de vous plonger dedans.
Il y a des diamants qui brillent sombre. Et je suppose qu'il faut descendre bien profond pour les trouver et remonter difficilement pour les présenter à ceux qui veulent bien prendre le temps de se laisser emmener dans la poisse humaine.
Juste un 'attirage' d'attention sur un livre sorti il y a peu en France, un genre de truc qui se promène à la frontière de plusieurs genres en évitant le risque d'avoir le cul entre plusieurs chaises. Truc qui réussit au contraire à intriguer façon 'objet-conçu-de-façon-volontairement-bâtarde' et dont les racines piochent la vie dans le meilleur des plusieurs genres que j'évoquais ci-avant. Un truc qui brasse en quelques sortes. Un truc anglais. Un truc qui arrive quand on ne l'attend pas. Une baffe mise par un pavé. Le texte c'est: 'London Orbital' de Iain Sinclair. C'est édité chez 'Inculte'.
Au moment même où sort en France le dernier bouquin de Javier Cercas - 'Anatomie d'un Instant' (Actes Sud), j'ai envie d'attirer votre attention sur un de ses précédents bouquins, sorti en 2001 et trouvable dans nos contrées chez Babel, la collection poche d'Actes Sud. Ce bouquin c'est 'Les Soldats de Salamine'.
L'histoire est la suivante:
Fin de la guerre d'Espagne. Sanchez Mazas se retrouve prisonnier des Républicains en déroute et va être fusillé. Sanchez Mazas n'est pas n'importe qui. Intellectuel et écrivain espagnol, il fait des fondateurs de la Phalange, groupuscule politique fasciste créé par Jose Antonio Primo de Rivera, fils de dictateur. A l'instar de groupes royalistes de droite en France à la même époque, la Phalange pratique un activisme qui va de la réflexion sur une société d'ordre aux combats de rues contre les militants de gauche.
La Phalange est le creuset intellectuel qui va permettre d'idéologiser la guerre civile à venir. Quand bien même Franco roule tout le monde dans la farine, récupère la révolution nationale, élimine ses camarades de soulèvement et, petit soldat ventripotent, se fait proclamer Caudillo puis vide la Phalange de sa moelle pour en faire un de ses instruments de pouvoir, quand bien même tout ça, la Phalange Espagnole reste parmi les fondateurs du carnage.
En cette fin de guerre, ,quelque part en Catalogne, Sanchez Mazas est donc à la pointe de fusils au moment de son exécution... à laquelle il réchappe miraculeusement en s'effondrant dans un fossé après que les tirs eurent décimé l'ensemble ou presque de ses compagnons d'exécution.
Dans un sursaut de survie il se camoufle mais cela ne suffit pas à ce qu'un des Républicains envoyé à la recherche des survivants pour les achever ne tombe sur lui au détour d'un coin de forêt.
Fin de guerre, débandade, grand héraut du fascisme espagnol responsable du carnage, mort de trouille face à la mort qui le rejoint une nouvelle fois dans la journée, combattant Républicain qui tient sa victime au bout du canon... le temps se suspend et, au son d'un appel des supérieurs Républicains qui veulent savoir si les gars ont trouvé trace du fugitif, le soldat croise son regard avec celui de Sanchez Mazas qu'il tient en ligne de mire. Le temps d'un instant tout s'arrête et le soldat répond à sa hiérarchie qu'il n'y a rien dans ces parages et laisse fuir le Phalangiste.
De ce point de départ réel, Javier Cercas va entreprendre de raconter l'histoire de ce moment, de ce regard qui sauve une vie et des jours qui ont suivis et notamment le comment Sanchez Mazas a survécu dans une forêt traversée par une armée en fuite avant d'être retrouvé par l'armée franquiste et faire carrière un temps dans l'administration de Franco en tant que caution Phalangiste puis de disparaître de l'actualité.
La force de ce livre est que l'auteur décide non pas d'écrire un roman, non pas un essai ou une enquête, il décide d'écrire ce qu'il appelle un récit du réel dans lequel raconte cette histoire et comment il l'a écrite en se mettant en scène.
On a donc droit à trois parties:
D'abord la découverte de cette histoire et comment peu à peu Cercas va trouver l'angle pour l'écrire, ensuite il raconte la partie historique concernant le coeur de son histoire et enfin... enfin... je vous laisse découvrir.
L'entrée dans le roman est complexe et parfois longue avec l'impression que Cercas évite son sujet, mais si on accepte le principe de base de sa narration, on a le droit à un bouquin qui va crescendo jusqu'à un final juste bouleversant d'humanité car à partir de sa décision de raconter cette histoire, on découvre peu à peu l'auteur, aux prises avec Roberto Bolaño, qui comprend que les histoires se racontent d'elles-mêmes et emmènent les auteurs là où elles doivent aller et non l'inverse.
La grande histoire racontée à hauteur d'hommes qui sont confrontés à quelque chose qui les dépasse. Sentiment d'humanité à partir du destin de personnages du quotidien. Hymne à la réconciliation qui permet de comprendre l'histoire quand on en expose à égalité tous ses aspects. Réflexion sur l'héroïsme. Récit qui avec le temps et les pages qui défilent va puiser sa vie dans toutes les sources exposées depuis les premières pages. Texte qui évolue au fur et à mesure de son avancée passant des techniques d'enquêtes à celles du roman et pose aussi la question de savoir comment raconter le vrai en étant plus éloquent que lui... juste à mon sens un bouquin parfait et profond, et extrêmement émouvant pour moi.
Qu'est ce qui fait qu'à un moment donné (pour un moment donné au moins) un disque nous est grand? Ou important. Ou autre.
Peu importe.
Grosso modo, pourquoi à un moment donné, il ne nous est pas indifférent.
A nous et à nos respectifs corps défendants ?
Parce que 'ceci' pour celui-ci.
Certes.
Voire même évidemment.
Parce que 'cela' même pour cet autre.
Même pas ça ce discute.
Et puis aussi, des fois, pour des trucs que même pas on ose aller chercher tant enfin, mince, si mes potes savaient que j'aime ça... oh! Mon Dieu... ce n'est plus (que) mon penchant pour la tortilla qu'ils moqueraient.
Des tas de trucs nous marquent.
Même si ça ne dure pas et, que des années après, quand on retombe dessus on est plus assailli que par la poussière et événtuelle et de loin par ce qui nous a branché un jour, des tas de trucs nous marquent.
Soit il existe une sorte de constante conscience en nous qui fait que forcément ça ne pouvait que nous marquer à condition que le style, le genre, le chanteur etc, etc...
Soit il existe un sens quelque part, caché, qui nous échappe le plus souvent qui fait que les choses qui nous marquent portent en elles le truc qui nous va. Quelque soit la dite chose.
Ré-ré-ré-ré-ré-ré-...-ré-ré-ré-écouté 'The Suburbs' today.
Et force est de constater que malgré toutes les choses que j'ai lues et entendues sur ce qui fait cet album, j'ai découvert( seulement il y a peu) le truc qui, pour un temps au moins, me fait penser que l'harmonie suprême s'y cache sans que personne ne l'ai encore remarqué.
Très précisément, 'The Suburbs' couvre l'exacte durée (en mode porte à porte) de mon trajet du matin qui me conduit de mon chez moi à chez mon employeur, passage rapide au bistrot d'en bas pour un kawa / croissant au bar (pour 2€10... 10 cts de rab' depuis la rentrée) compris.
Personne ne l'avait encore signalé ou à tout le moins remarqué.
Le truc ultime qui me dépasse et a un sens.
Je savais en l'appréciant dès les premières écoutes.
Cet album n'a pas besoin d'une mystique particulière.
Il me parle.
A moi.
A mon perso que j'ai depuis les couches les plus externes de mon épiderme offert au vent, depuis les particules en suspension dans les couloirs du métropolitain jusqu'au fond de mon calbut' réunis.
'The Suburbs' dure l'exacte durée du trajet entre mon chez moi et mon taf.
Et il n'y a rien d'autre que ceci qui fait que.
Le touchage de l'intime comme même pas tu sais.
En écoute deux titres parmi tous les z'autres:
15 Sprawl II (Mountains Beyond Mount
Volontairement je ne diffuse de la musique qu'en mp3 128k. L'objectif n'est pas de vous proposer de télécharger. Si ces artistes vous plaisent, achetez leur musique !
...et je reste un Kloot !
Après les avoir perdus de vue le temps d'un album ('I Am Kloot Play Moolah Rouge'... perdition de vue rattrapée depuis), j'ai remis les pieds dans l'oeuvre des bonshommes de Manchester par le biais de leur dernier en date: 'Sky At Night'.
Que dire d'autre que ce que j'ai dit par ailleurs et que je le me répète ici:
'Sky At Night' a minima, chatouille la plante des pieds du sublime (qui n'en demande pas tant mais ne se plaint pas pour autant) !
Les deux titres qui ouvrent l'album, en écoute ci-dessous, pour découvrir ou pour le plaisir de les écouter, encore et encore...
Enjoy !!!
Le seul but de ces mises en ligne est de partager, de faire connaitre et, le cas z-échéant, de donner envie...
Volontairement je ne diffuse de la musique qu'en mp3 128k. L'objectif n'est pas de vous proposer de télécharger. Si ces artistes vous plaisent, achetez leur musique !
Les commentaires récents