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Bright Eyes - 'I'm Wide Awake, It's Morning'

Wide_awake Plus le temps passe, plus je pense (je sais) que Bright Eyes - 'I'm Wide Awake, It's Morning' (un album qui me retourne les émotions à chaque fois...), plus je pense donc, que c'est le genre de truc qui va m'accompagner de plus en plus profondément pour les années et les années à venir. et c'est dire... tant la dite chose est déjà profond en moi.
Pas juste une idée ou un ressenti lié au ceci-cela du moment.
Non.
Juste ce truc qui depuis la sortie de cet album s'est installé et se réveille du plus profond à chaque écoute, ou bien qui se réveille de lui-même demandant d'office l'écoute de cet album.

Pas besoin de l'écouter en boucle.
Juste savoir dans sa chair qu'il est là.
Qu'il existe.

Tous ces albums, groupes, morceaux, titres... à travers les années pour arriver des fois à ces quelques objets qui marquent.
Dans le perso du perso...
Elle est pas belle (au moins des fois, via les interstices) la vie ?

Relire St Augustin

Les_aveux Il est des choses dont on pourrait penser qu'elles ne se reproduiraient jamis.
La plus classique, c'est la re-lecture de ce qu'on a lu quand on était étudiant sous influence de ses profs, de ses congénères, de son âge.
Par exemple, comment relire les 'Tropiques' de Miller à 40 ans quand on les a lu à 18 balais parce que Paris I - Tolbiac ?
Par exemple, comment relire Walter Benjamin en penchant la tête et notant dans la marge du bouquin des choses comme 'oui!', 'vrai !', 'intéressant...' quand on a 40 ans ?

Moby Dick ?
Karamazov ?

Différent.

D'abord parce que lus avant.
Ensuite parce que Melville et Dostoievski.
Et madeleine.

Non, pas Proust.
Juste madeleine.

Et puis au hasard d'une 'convalescence' sur un matelas pourris sur le sol du salon, il y a tombage sur une émission qui laisse parler Frédéric Boyer.
Frédéric Boyer parle de St Augustin.
J'ai pris la chose en route alors je mets quelques instants à rattacher les wagons.

Et je capte que Frédéric Boyer propose une nouvelle traduction (ré-écriture ?) de St Augustin et, plus précisément du texte jusqu'à aujourd'hui connu sous le titre des 'Confessions'.
Juste entendre parler ce gars, que je ne connaissais pas de son travail et de sa lecture du texte et j'ai envie de me replonger dans ce texte fondateur.
Le moment peut-être de m'y replonger.

Va savoir...

J'ai oublié KFC et sa frisée, j'ai mis la main sur 'Les Aveux' ce week-end. Il est là, à portée de main. C'est peut-être le moment de le lire celui-ci. Le moment parce que le temps et des morceaux de vie sont passés par-là.

En tout cas la preuve qu'on ne lit pas que sous influence ponctuelle quand on a 18 ans.
Ca va des fois au-delà.

D'ici à ce je ressorte des Michel Vaillant, y'a qu'un pas !

Slayer - Reign In Blood

Slayer_reigninblood Juste le plus grand album de métal de tous les temps (toutes catégories confondues -infra et au-delà et même ailleurs... et avant... et après...): Slayer - 'Reign In Blood'

...le genre de chose qu'au moment de sa sortie on passait au mieux pour des cons, au pire pour des fachos...
...le genre de chose où avoir vu à cette époque Tom Araya, Dave Lombardo, Jeff Hanneman et Kerry King on stage fait dire qu'on fait partie des élus...
...le genre de chose où la plus grande chanson de métal est en face 1, genre 1er morceau (de ta mère !!!)...
...le genre de chose où on a beau passer pour des bourrins malgré les autres albums de Slayer qu'on a déjà chez soi et le ressenti que c'est déjà proche de la fin (honnêtement, après 'South Of Heaven' et ses quelques belles fulgurances... bof, bof, bof...), on sait que c'est un mec qui s'appelle Rick Rubin qui signe (à l'époque où Metallica se fait encore produire par Flemming Rasmussen... qui ça ? Flemming Rasmussen !)...
...le genre de chose qu'est déjà sur Def Jam (qui sera ensuite... pas la peine de vous faire un dessin)...
...le genre de chose qui sera repris par Tori Amos, qui sera un lien entre le jazz le plus avant gardiste (via le 'recrutement' de Dave Lombardo par John Zorn) et le hip hop le plus engagé (via le sampling d'une intro -de l'album suivant) par Public Enemy ('Rubin / Def Jam' Connection),
...le genre de chose que Columbia (distributeur de Def Jam) préféra laisser distribuer par Geffen Records (ah! le beau label metal de l'époque que Geffen Records... avant de savir le sombre crétin de David Geffen)...
...le genre de chose avec l'alors inconnu (pour moi) Andy Wallace aux manettes...
...le genre de chose avec la poche sordide de chez troublante et hyper référencée...
...le genre de chose qu'enfin, putain, merde, 21 ans après, pour moins de 30 minutes, on se dit que ça valait (et ça vaut le coup encore today) d'avoir été de ceux qu'on fait le pied de grue devant quelque magasin d'import pour l'avoir le jour même de sa sortie !

'Reign In Blood' Rules !!!

YEAH !!!

'Trout Mask Replica' - Captain Beefheart

Trout_mask_replica On fêtera bientôt les 40 ans de 'Trout Mask Replica' de Captain Beefheart.
Je l'écoute depuis qu'il est en âge de passer le permis en conduite accompagnée. Grosso modo. Pour donner un ordre d'idée.
Je ne l'écoute pas tous les jours. Loin de ça, hun !
Je n'ai pas non plus l'intention d'ajouter quoique ce soit à tout ce qu'on en a dit depuis tout ce temps.

Mais là, je l'écoute.
C'est ça et rien d'autre. On parlait de Jefferson Airplane et de Bill Graham au taf, tout à l'heure avant de rentrer. Et, arrivé at home, juste cette envie de le sortir de là où il est et de l'écouter. Pas Jefferson Airplane... 'Trout Mask Replica', faut suivre un peu.
Pas envie de le mettre en fond, envie de l'écouter. Que rapport avec Jefferson Airplane ? Je n'en sais rien, je m'en fous. Chez certains, écouter Judas Priest à l'envers pousserait au suicide. Moi, aujourd'hui, avoir discuté de Jefferson Airplane et Bill Graham m'a donné envie d'écouter la Truite de Captain B.

Bref, tout ça pour dire que je ne m'étais jamais rendu compte qu'Eddie Vedder essayait de chanter comme le Captain sur 'Moonlight on Vermont'.

Voilà, c'est tout. Je sais, je suis fatigué.

Continuez à éviter Eddie Vedder pour privilégier Captain Beefheart !

YEAH !


Storytelling - Bruno Salmon

Storytelling ...on a beaucoup parlé de ce bouquin ces derniers temps.
Le thème est passionnant et primordial ces temps-ci (comment l'art et la manière de conter s'est immiscé dans le marketing - industriel et politique - au point de substituer l'histoire racontée et sa mise en scène au fond) et les perspectives sont vertigineuses quant à la tentative - et a priori la réussite parfois, souvent (?) - de main mise sur l'imaginaire d'un public (d'une nation) à des fins partisanes.

Si les pistes proposées sont souvent passionnantes, le sujet, trouvé-je, méritait bien mieux ou au moins bien plus développé.
J'ai trop souvent eu le désagréable sentiment qu'on me menait en bateau dans la manière de présenter la démonstration. Trop de références citées mais pas creusées, ni mises en opposition. Ca en devient a minima gênant... au pire, suspect. Dommage.

Et pourtant, il ne s'agit pas de théorie mais de faits. Donc rien de moins contestable.
Bruno Salmon a quand même réussi à me faire douter... Toute la partie concernant la mise en histoire de la guerre en Irak et de tout ce qui l'entoure (grosso modo, toute la fin du livre) est trop entachée de raccourcis pour être percutante, voire être convaincante.
Peut être a-t-il vu trop trop large pour si peu de pages...

Ca dessert la présentation, pourtant claire, de la manière dont le fond est désormais contourné au profit de la mise en récit de la politique et de l'imaginaire collectif d'une nation.

Ceci dit, le thème est suffisamment important pour qu'au bout du compte la lecture soit nécessaire... à condition d'aller chercher encore plus loin (une imposante bibliographie est proposée en annexe... mais peut-être eut-il mieux valu que l'auteur en tire réellement la substantifique moëlle).

Et puis un livre qui entre autres choses et en 212 pages fait référence à Don DeLillo, à 'Liberty Valance', au 'No Logo' de Naomi Klein, au 'peuple qui manque' de Deleuze, au 'territoire où tout jugement moral est suspendu' de Kundera, au temps de l'héroïsme (marquer sa sagesse) de la sagesse (gagner la confiance) et du mythe (atteindre l'éternité) comme calque à appliquer à la vie des marques, qui fait référence à Jack Bauer et surtout (désolé pour l'insistance) à Achab et Moby Dick, ce livre là, à mon sens mérite de servir à tout le moins de clé d'entrée vers ces univers, et aussi vers la thèse de 'Storytelling'.

Un chef d'oeuvre: La Route

La_route "Quand il se réveillait dans les bois dans l'obscurité et le froid de la nuit il tendait la main pour toucher l'enfant qui dormait à son côté. Les nuits obscures au-delà de l'obscur et les jours chaque jour plus gris que celui d'avant. Comme l'assaut d'on ne sait quel glaucome froid assombrissant le monde sous sa taie. A chaque précieuse respiration sa main se soulevait et retombait doucement. Il repoussa la bâche en plastique et se souleva dans les vêtements et les ouvertures empuantis et regarda vers l'est en quête d'une lumière mais il n'y en avait pas."

Ainsi commence le dernier roman de Cormac McCarthy - 'La Route' (Prix Pulitzer 2007).
Et ainsi il continue.
Comme un voyage immobile, sans avant ni après, sans hier ni lendemain. Sans raison non plus, si ce n'est l'obsession de ce père qui chemine vers le sud avec son fils dans un monde dévasté d'après catastrophe.

Le parcours semé de désolation, d'évitements des autres.
Le jour se distingue de la nuit car il est seulement moins sombre que la nuit.
Les cendres n'ont pas fini de redescendre sur terre, elles obscurcissent le ciel et tapissent le sol de couches grisâtres.
Il fait froid, il pleut noir, il neige gris.
Les hommes sont ailleurs. Seuls survivent quelques uns, qui arrivés au presque bout de l'humanité cherchent encore à s'en prendre aux autres.

A travers les montagnes, les forêts protectrices, les villes fantômes, sur les asphaltes ayant figés les corps calcinés dans des poses grotesques, un homme et son fils cheminent donc vers le sud.
On avance avec eux dans un moment de la vie ou tout s'est simplifié tant il n'y a plus couleurs, profondeur, nuance. Tout est gris ou noir, gentil ou méchant, vie ou mort et où tout s'est compliqué parce que plus rien de ce qui a existé n'est là.
Ce qui les tient c'est la conscience de quelque chose que l'homme doit transmettre à son fils.

Loin d'être une épopée glorieuse, loin d'être la narration de péripéties faites d'aventures et de rencontres, avec 'La Route' McCarthy ne donne ni leçon ni point de vue sur l'humanité, le mal ou le bien. Il amène juste l'humanité au plus loin de ce à quoi elle peut-être confrontée, une fois passé le gouffre de la destruction du monde, dépouillée de tout, au milieu du plus hostile. Il l'amène juste à la question de savoir ce qui fonde la nature humaine, ce qu'elle a de fondamental à transmettre, ce qui constitue le seul feu à ne jamais éteindre.

Je ne parle jamais de chef d'oeuvre. Je n'aime pas les raccourcis qui consistent à à taxer ce qu'on aime de chef d'oeuvre. Je n'aime que tout soit chef d'oeuvre dès lors que.
Mais là...
Impossible pour moi de sortir de ce livre. Impossible pendant sa lecture, impossible depuis. Il tapisse et s'infuse car dépouillé au complet de tout artifice. L'impression de lire un classique. Mais pas de lire un classique déjà établit. Pas un classique institutionnalisé par quelque académie.
Non, l'impression pour moi de lire un futur classique de la littérature juste au moment de sa sorite. L'impression de participer à quelque chose.
Je lis beaucoup. Des choses me plaisent, d'autres me touchent, d'autres je les abandonne en cours de lecture...
'La Route' m'est au-delà de ça.

Et si l'oeuvre de McCarthy est conséquente et déjà considérable, je crois que là, il a écrit son plus grand livre. Un livre loin, donc, du discours moralisateur, loin du point de vue sur l'Homme, loin de la parabole sur la fin des Temps... un livre qui s'achève sur une interrogation et un vertige qui restent après que les pages sont tournées: Qui parle ? Nous raconte-t-on le bout du monde ou la naissance d'un mythe fondateur et sa transmission ?

Un chef d'oeuvre, donc ?

UN CHEF D'OEUVRE !!!

La chronique du 'Monde'
La chronique de 'L'Express'

Les Grandes Equipes Ne Meurent Jamais (III)

Lu dans Le Monde daté du 05/01/08:

Liverpool se dope à l'énergie rock

L'entrée du Cavern Club, à Liverpool.  | Phil Noble / Reuters
L'entrée du Cavern Club, à Liverpool (Phil Noble / Reuters)

Toute la ville en parle. Entre excitation et nostalgie, les Scousers (habitants de Liverpool) attendent le grand retour de deux enfants du coin. Ringo Starr ouvrira le bal le 11 janvier pour fêter l'inauguration officielle de l'Arena, gigantesque salle de spectacles plantée près des docks.

Le 1er juin à l'autre bout de la ville, sur la pelouse du stade d'Anfield, fief des Reds du Liverpool Football Club depuis 1892, ce sera au tour de Paul McCartney de donner un concert en hommage à la ville de son coeur, désignée il y a quatre ans capitale culturelle européenne pour l'année 2008.

Le dernier concert des Beatles à Liverpool date de 1965, dans la salle old fashion de l'Empire, sur Lime Street. Depuis, les Scarabées ont conquis le monde mais n'ont jamais oublié la ville de leur enfance et adolescence. En 1971, John Lennon déclarait : "Mon amour de New York a quelque chose en commun avec mon amour pour Liverpool. On retrouve dans ces deux villes la même énergie positive..." Une énergie qui s'est manifestée sur les bords de la Mersey à travers la scène musicale. Des Beatles aux Dead 60's en passant par Gerry and the Pacemakers, Echo and the Bunnymen ou The Icicle Works, les groupes de Liverpoool ont souvent fait parler d'eux.

Le Cavern Club dans Matthew Street, où les Beatles firent leurs débuts en février 1961, reste évidemment un endroit de pèlerinage, même si ce club en sous-sol a été reconstruit (à l'identique) en 1984. Mais d'autres endroits liés à la musique valent le déplacement comme les Parr Studios. Ses cinq studios d'enregistrement sont réputés pour leur acoustique exceptionnelle.

Murs en bois dans l'un, en pierre dans l'autre, en moquette dans un troisième... De Deep Purple à Coldplay en passant par Echo and the Bunnymen ou New Order, nombreux sont les groupes célèbres à y avoir travaillé. Aujourd'hui, d'autres stars de la pop ou de musique classique continuent d'y venir. "La scène musicale locale a toujours été ouverte et vivante. L'héritage des Beatles n'est pas pesant, il est stimulant", explique Matt, chanteur du groupe Dead 60's et pur Scouser.

Si John Lennon, qui a donné son nom à l'aéroport international situé dans le quartier de Speke, à deux pas de sa maison natale, pouvait revenir à Liverpool, il retrouverait instantanément cette énergie positive. Et serait stupéfait par les changements intervenus au bord des eaux souvent agitées de la Mersey.

Chantiers gigantesques, immeubles flambant neufs, lofts à bobos, docks qui après avoir été laissés à l'abandon sont devenus lieux de promenades agréables : la grande cité du nord-ouest de l'Angleterre, autrefois prospère puis longtemps montrée du doigt pour sa violence et sa misère sociale, change d'image. Elue capitale européenne de la culture 2008, classée au Patrimoine mondial de l'Unesco en 2004, la ville redevient à la mode.

Liverpool la grise laisse désormais place à "Livercool", ville qui vient de fêter son 800e anniversaire et où il fait de nouveau bon vivre. Où l'on trouve du travail sans trop de mal. Où l'argent qui avait disparu, parfois au profit de la voisine et éternelle rivale Manchester, est de retour. Et où les amateurs de culture n'ont pas à attendre les festivités liées à la nomination de la ville comme capitale culturelle européenne pour faire le plein d'émotions.

Toiles de Bonnard, Degas ou Picasso à la Tate Gallery, annexe de la vénérable institution londonienne et installée sur Albert Dock depuis bientôt vingt ans, passionnant Musée de l'esclavage ouvert en août 2007, expos photo disséminées dans plusieurs bâtiments du centre-ville, sans oublier les multiples salles de concerts, des caves rock à la Philarmonie, réputée pour son acoustique et chère au chef Simon Rattle, autre célèbre Scouser, il y en a pour tous les goûts. Liverpool n'est plus seulement la ville du foot et des Beatles. Elle est redevenue une ville dynamique sur le plan économique et une place forte de la culture, populaire ou plus pointue.

Liverpool revient de loin. De 800 000 habitants dans les années 1950, elle n'en comptait plus que 477 000 en 2000. Désindustrialisation, chômage massif (25 % dans certains quartiers), violences urbaines, le grand port du Merseyside a pris des coups. Mais à partir du milieu des années 1980, la politique volontariste des responsables politiques alliée à l'afflux de subventions européennes aident à renverser la tendance.

De grands travaux de rénovations sont entrepris. Des centres de recherche scientifique viennent s'installer au bord de la Mersey. Entre les effets positifs de ce vaste regeneration program et l'argent investi dans les équipements culturels depuis 2003, Liverpool retrouve une image dynamique.

Détail significatif : pour la première fois depuis près d'un demi-siècle, la population du centre-ville augmente et frôle désormais 490 000 habitants. Le taux de chômage est tombé à 5,6 %, les pubs, restaurants et salles de spectacles ne désemplissent pas, et les étudiants reviennent en masse, attirés par la qualité des établissements locaux d'enseignement supérieur et par une ville où faire la fête n'est pas une notion floue. Pour s'en convaincre, il suffit de se promener le soir dans les artères piétonnes du centre-ville, entre Bold et Henry Street.

De tous les pubs alignés côte à côte, de toutes les nombreuses boîtes (du Barfly au Korova en passant par le Bumper ou le Magnet), la musique déferle dans la rue. En dépit de températures extérieures peu clémentes, beaucoup de filles sont en minijupe, les garçons en tee-shirt et l'ambiance très chaude.

"A Manchester, les prix des hôtels chutent le week-end. A Liverpool, c'est le contraire !" résume Gary Millar, responsable des Parr Studios, qui, outre leurs cinq salles d'enregistrement abritent un petit hôtel avec douze chambres de charme et un resto-pub à l'ambiance chaleureuse.

"Le prochain big business à Liverpool concernera l'industrie hôtelière. Il faut augmenter la capacité de 4 000 à 6 000 chambres", estime cet entrepreneur ambitieux, conscient que la ville est en train de devenir une destination touristique de plus en plus populaire. Méritée ? Of course.

Alain Constant
Article paru dans l'édition du 05.01.08.

Manchester 2 - Liverpool 2

Fuck Chelsea !

YEAH !!!

Magic

http://pic.aceboard.net/img/286628/271/1187649097.jpg

(suite aux avis concernant Magic postés sur LOHAD)

J'avais depuis les écoutes des tas d'images en tête et d'idées de posts pour parler de cet album (ça allait de références à des menus 'Tower' de chez KFC déjà oubliés alors qu'ils ne sont même pas digérés au racontage des douze stations de 'Magic' comme autant de rounds du combat d'un boxeur fatigant bouffi et fatigué mais toujours capables de fulgurances en fin de combat - ah! 'Last To Die' / 'Long Walk Home' / 'Devil's Arcade')...

...mais voila, même pas envie de m'y mettre tant je ne réussi même pas à être déçu par 'Magic'.
Il prend déjà la poussière.
Depuis deux jours.
J'ai le dernier PJ Harvey qui me trouble et m'envoute et tant et tant d'autres à risquer...
Bref.
Je me suis quand même plongé dans vos avis depuis l'ouverture de ce post pour voir si quelque chose m'avait échappé ou si une puce pouvait m'être glissée à l'oreille...

Et je suis tombé sur le post suivant qui résume assez bien le fond de ma pensée. Je me permets de le reprendre (et de compléter deux / trois choses dans la foulée).
Pas de puce mais un point de vue partagé.

Citation :

deviljooz  a dit :

Pour moi, attendre une date « officielle » de sortie commerciale, ça veut rien dire. Je préfère me faire une idée de ce que je vais acheter (ou pas) avant, si je peux en avoir un aperçu, c’est mieux. Les pesos ne poussent pas sur les cactus pour les balancer dans le puits de l’hacienda (proverbe mexicain)
Déjà conquis par Radio Nowhere qui est une bonne accroche de départ, je me lance dans l’écoute de « Magic », malgré un choix de titre pas très « Springsteen », je trouve (comme beaucoup).
L’enchainements des chansons “You’ll be comin’ down-Livin’ in the Future-Your own worst ennemy-Gypsy biker-Girls in their summer clothes” restent d’un niveau très moyen: C’est vrai que Springsteen semble chercher un nouveau son, entre beach boys, beatles (on l’a dit), ancien et moderne, en tout cas, le résultat n’est pas probant. L’énergie évidente et simple présente dans Radio Nowhere ne se retrouve pas dans ces titres, malgré des arrangements très (ou trop ?) travaillés.
La suite est meilleure, avec les titres I’ll Work For Your Love (plus direct), Magic (qui fait penser à Tom Joad), Last to Die (avec un bon son 70’s maitrisé) et le très bon Long Walk Home. Devil’s Arcade reste à part par son orchestration décalée. Terry’s Song, (hommage à son ami Terry Magovern) est une chanson un peu trop intime, pas assez universelle pour retenir l’attention.
Au final, un bilan mitigé pour un album dont j’attendais beaucoup, peut être trop. Le problème de Springsteen aujourd’hui avec le ESB est existentiel, qu’est-ce que le ESB ? On est entre la nostalgie d’une époque et la modernisation du bazard, ça ressemble à ci ou à ça, ça n’a pas d’identité propre, un titre comme Magic sonne plus « Springsteen-solo » que « Springsteen-groupe ».
La raison de tout cela pourrait bien être le fait que les membres du ESB et le Boss ont passé moins de temps en studio sur cet opus, à travailler ensemble (plus en décalé) que sur « The River » par exemple. Le résultat ne peut pas être le même, chacun des membres doit s’imprégner des chansons et imprégner à son tour la chanson et donner à Bruce de la matière et du sens musical. Pourquoi ne retrouvons nous pas une intro au saxophone bien sentie de Soul du Big Man, par exemple, qui ne vient qu’en superposition sur des solos convenus ? Cette interactivité, cette alchimie, ne peut pas opérer dans les conditions évoquées (ou que très rarement) où l’on boucle un album « à la va vite » dans un studio genre hall de gare.
Magic semble être un disque schématique, taillé sans doute pour être développé sur scène, soit, mais comme disait Arizona précédemment, ça fait une galette un peu légère.

Je ne rentrerai pas dans les subtilités de son (il juste va falloir mettre à plat cette notion de 'mur du son' pour savoir si on parle de la même chose que celle que je connais... parce que j'ai beau chercher... no Wall Of Sound dans les parages, mais on s'en fout à la limite) ou de la structure des morceaux.

Juste les deux / trois compléments annoncés plus haut:

Je n'ai pas l'impression d'entendre un album du Boss avec le E Street Band, mais plutôt un album de Springsteen & Brendan O'Brien conviant les membres du ESB. Pourquoi pas après tout ?
Juste je ne vois pas pourquoi convier les gars pour jouer sur des morceaux qui ressemblent au pire cauchemar que je pouvais avoir concernant le Boss: des machins à clochette (glokenspiel) qui sonnent comme des compos pour un Boss qui aurait viré Tom Jones bouffi d'amphé, de coke, de sucre et de cortisone et qui cachetonnerait lors de shows de Noel enregistrés à Las Vegas et diffusés sur un network US avec une mise en scène 'Marie & Gilbert Carpentier replica'.
L'horreur vous dis-je.
'Your Own Worst...', 'I'll Work...' sont les morceaux que je range dans cette catégorie.
Qu'il aille dans cette voie, no soucy, c'est lui qui mène et nous qui suivons.
Mais pourquoi le ESB dans cette galère ?

Et puis l'ironie sûrement: de tous les morceaux de 'Magic' qui ressemblent étrangement à d'anciens morceaux du Boss himself - une nouvelle constante chez Springsteen soit dit en passant ('Magic' pur mix à mes oreilles de 'Ghost Of Vous Savez Qui' et de 'Paradise' ou 'Living In The Future' resucée à l'identique de 'Tenth Avenue...') ce dernier titre nous ramène en '75 tout en parlant 'vivre dans le futur'... mouais... ironie, donc, sûrement.
D'abord, quitte à reprendre le passé, un Greatest Hits ou un Best Of est plus honnête pour les ceusses qui suivent depuis longtemps ou pour les ceusses qui veulent connaitre. Ensuite, me refaire le passé et entendre que l'artiste est de retour, ça me fait me gondoler: il ne refera jamais 'BTR', il ne refera jamais mon rapport à 'BTR'... le propre de l'artiste à mon sens c'est sa capacité à s'affranchir de ce qu'il a déjà fait et s'obliger à prendre le risque de me décevoir en allant vers là où je ne m'y attend pas, là où il va ouvrir des voies; De prendre le risque de me dérouter et de ne pas y arriver.
On me dira qu'il n'a pas voulu refaire 'BTR' (ou 'Ghost Of...' ou 'Rising'). Certes. Alors pourquoi ressortir 'Tenth' ('Tom Joad' ou 'Paradise') ?

Enfin et pour finir (mais je sais que j'oublie un truc mais tant pis) malgré tout, comme un boxeur qui se rappelle sa splendeur lointainement passée lors d'un combat miteux et mal engagé à Las Vegas (encore) diffusé ce coup-ci en pay-per-view, le bonhomme garde cette capacité à enchaîner des choses qui, si on n'y prend garde, peuvent nous renvoyer direct back to Bruce Springsteen et à ce qui fait que ce mec, enfin, putain merde quand même quoi...

Et comme le concernant je n'ai jamais envie de prendre garde à ses fulgurances, me voici déjà et encore, depuis hier soir, en attente de la suite à venir...

Ah oui, le truc oublié qui m'est revenu entre temps...
Pop.
Pop?
Mouais.
'Girls In...' qui flirte avec le show Tom Jonesque de tout à l'heure... me gonfle.
La pop, c'est léger.
Là, je visualise bien les 'Girls Dans Leurs Robes d'Eté'... Si, si... sauf que la vision que j'en ai c'est que non seulement elles sortent pour la troisième fois de la journée de chez KFC, et qu'en plus le Pepsi n'était pas light, que les menus étaient XL et qu'elles mangent encore des brownies en filant vers chez McDo...

Certes les 'Girls' sont en robe d'été... mais elles sont bien grasses quand même... et c'est pas léger.

C'est pas pop.

Chrome Dreams II

http://img114.imageshack.us/img114/9231/51pgyd7h2bilaa240qo6.jpg

Alors voilà.

Je suis entré dans 'Chrome Dreams II' par la mauvaise porte.
J'y suis entré avec 'Chrome Dreams' en tête.
Avec ce truc que tout die-hard fan du Loner a dans ses parages. J'y suis entré avec 'Chrome Dreams' en tête.
Je savais qu'il ne fallait pas.
Que cela n'avait rien a voir.
Forcément.
Je me le suis dit avant même d'acheter le 'II'. Mais il y a des choses qu'on ne commande définitivement pas.
Je me demande encore pourquoi il a intitulé 'Chrome Dreams II' , 'Chrome Dreams II'  ?
Of course il explique ceci ici et cela là-bas. Mais pourquoi a-t-il intitulé 'Chrome Dreams II', 'Chrome Dreams II' ?
Les albums oubliés de Shakey, il y en a. Des officiels comme des 'qui auraient pu exister tant à certains moments Young pondait des titres et des titres et des titres qui ne sont jamais sortis que sur boots'. Sans même parler de l'officiel qu'on ne trouve plus.
Deux albums au moins jamais sortis. 'Chrome Dreams' donc, et 'Tonight's The Night', of course.
Quoi 'Tonight's The Night' est sorti ?
Oui, 'Tonight's The Night' est sorti !
Mais quid de 'Tonight's The Night' ?

C'est important ça. L'album, chez Young, n'a jamais été un simple tracklisting. Réussi ou raté, mythique ou oublié... peu importe. Neil Young n'a jamais construit ses albums au hasard. Pour le meilleur, pour le pire... peu importe.

A partir de là, 'Tonight's The Night' est-il jamais vraiment sorti ?

Bref, j'ai merdé en prenant la mauvaise porte.
Celle de la référence à un passé particulier, celui (le passé) de '77. Celui d'un de mes premiers boots.

Et comme un con, en essayant de sortir de 'Chrome Dreams' pour entrer dans le 'II', j'ai pris une seconde mauvaise porte.
Je suis entré dans le 'II'  en commençant par 'Beautiful Bluebird'. Soit, pour celles et ceux qui ne savent pas, j'ai commencé le 'II' par le premier morceau.

Et j'ai failli ne pas aller plus loin.

Je me méfiais avant tout des 18 mn de 'Ordinary People', survendue à longueur d'articles ou de communiqués de presse repris ici et là... Rhâ! cet insipide dossier dans R'n'F... dont il s'agissait paraissait-il de la première interview depuis si looooongtemps, quand le Loner avait pourtant ouvert une porte donnant accès à une vue abyssale sur ses tourments et son âme en souffrance à l'occasion de la sortie de 'Prairie Wind'. Moment de vraie confession de l'artiste à l'époque, pour qui sait.
Moment rare d'un silencieux, qui parlait de 'Prairie Wind' et de ce moment de vie entre maladie, mort de proches et deuil à faire... comme R'n'F fait petit et besogneux à côté...

Bref, mal barré dans la chose. Je me préparais au calvaire des gens ordinaires et j'étais déjà cueilli telle l'olive à froid, première pression par un bel oiseau bleu...

Et puis voilà.
Quelque chose qui m'est familier chez Young m'a chopé de plein fouet.
Le truc qui fait le rapport de moi à lui depuis tant et tant d'années: la grâce.

Cet espèce de machin qui chez lui me touche. Ce truc qui n'est pas toujours-là. Qu'il faut chercher des fois. Qui n'est présent qu'avec parcimonie parfois. Qui déborde des fois. Toujours sincère. Des fois maladroite. Mais qui me renverse toujours quand elle débarque.
Un peu comme ces trucs qui font que certaines personnes nous font vibrer sans qu'elles ne le sachent ni même ne le cherchent. Ces choses qui ne sont pas toujours là, parce que des fois, c'est juste comme ça. Qui ne sont pas toujours là où et quand on aimerait qu'elles soient.
Au début, ça fâche, ça vexe, ça déçoit... et puis avec le temps, on comprend qu'elles ne nous appartiennent pas et qu'après tout, la parcimonie dans l'émotion préserve le truc.

Alors dire quand c'est venu dans 'Chrome Dreams II' ... franchement, je n'en sais foutre rien. Je m'en suis juste rendu compte quand l'alors indigente 'Beautiful...' m'est passé comme une lettre à la poste.
Juste la lecture en boucle ne m'en a plus fait le bof-bof morceau d'entrée de l'album, mais m'en a fait un morceau de l'album à part entière.
Et comme donc je sais le soin (le prenage de tête ?) que le Loner met à la composition du tracklisting, je m'a dit qu'il m'adressait sûrement un message en forme de pied au cul, quelque chose comme: 'Homme de peu de foi...' (le reste, je ne le dis pas... c'est trop personnel).

Alors je pourrais disséquer les titres, les sons, les longueurs, les comparaisons, les clins d'oeil, les réminiscences, ma théorie des cycles NeilYoungien, l'émouvant retour d'Old Black (supposé, réel ou fantasmé, j'en sais rien et je m'en fous)... mais même pas j'en ai envie.

J'ai juste envie de dire que cet album de Neil Young m'est entré droit dans l'irrationnel et le sensible que j'ai en surplus.

Qu'à mon goût 'Youngien', il s'agit d'un machin dont j'ai envie qu'il m'accompagne, auquel j'ai envie de demander des comptes dans bien longtemps encore, dont j'ai déjà envie de dire qu'il efface tout ce qui est venu depuis l'immense, définitif, incontournable 'Sleeps With Angels' et que ce petit con d'album (c'est affectif chez moi) n'a pas intérêt à me décevoir sur la longueur, parce que des comptes, je sais que je vais lui en demander.
Au moins autant que ce que je suis prêt à lui laisser passer.
Au moins autant que la mauvaise foi que je suis prêt à déballer pour le défendre.

Parce que si à un moment il faut lui casser la gueule pour tout ce qu'il aurait pu être si Neil Young vivait encore au début des années '70, je veux être celui qui cognera...

En douce et dans l'anonymat.

Parce que devant tous les autres, je suis prêt à le défendre.
A cogner bas.
A mordre s'il le faut.
Et à vous pisser dessus.
C'est dire.

Je vous préviens d'ores et déjà: Ne jamais dire du mal devant moi de 'Chrome Dreams II' et encore moins de Neil Young.
Sauf si c'est moi qui parle.

J'ai dit !

YEAH !!!

Holy Fuck !

Comme quoi, si on veut jouer au jeu des albums de l'année, mieux vaut attendre jusqu'au plus proche du bout du bout avant de se prononcer...
Année riche, mais fin d'année qui vient de me sonner façon RFA à Séville en '82 en m'en collant deux dans les prolongations...

Working For A Free Nuclear City, donc, dont j'ai causé par ailleurs (cherchez bien !)

Et aussi Holy Fuck.
Encore le Canada.
Once again Toronto.

De l'electro façon 'sans boucles, ni programming'.
Joué avec des choses qui vont de jouets à de vieux Casio (en passant par des basses, des batteries et autres instruments).
Des influences qui vont de Suicide, Kraftwerk i tutti quanti à Buck65 et autres !!!

Le tout, la plupart du temps, excellement overdrivé.
Vraiment overdrivé.

Et donc une claque d'album sorti il y a très peu: Holy Fuck - 'LP' qui commence par un titre live, et qui le temps de 9 titres m'efface la presque totalité de ce que j'ai écouté en 2007.

J'exagère un chouïa, certes.
Mais quand même !

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Excellent !

mars 2008

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