Il y a un peu plus de 30 ans de cela, le Colonel Tejero investissait les Cortes (l'Assemblée Nationale espagnole), pistolet à la main.
Avec quelques hommes de troupes et des renforts espérés du monde politique et de quelques casernes militaires, il espérait participer au renversement de la toute jeune démocratie espagnole.
Les '23-F' comme on dit en Espagne.
Mes grand-parents, alors en France chez une de leurs filles, ma mère en l'occurrence, vécurent cette nuit avec les lueurs de ce que l'Espagne Franquiste d'il n'y avait pas si longtemps de ça et surtout celles de ce que la Guerre Civile avait fait à leur vie.
Je m'en souviens comme si cétait la nuit dernière.
Ou plutôt l'avant dernière.
Non que ma mémoire de cette nuit me fasse défaut, mais la nuit dernière, en fait, je ne m'en souviens pas trop.
A l'automne dernier, Actes Sud a publié en France le dernier texte de Javier Cercas - 'Anatomie d'un Instant'.
Considérations personnelles sur un geste historique: le moment où quand les députés se couchent devant le pistolet de Tejero, seuls trois hommes, dans un lieu sacré de la démocratie font front.
Les références politiques locales seront peut-être obscures pour qui n'est pas familier de ce moment espagnol, mais la plume et le travail de Cercas permet de surmonter cet écueil.
Et surtout, sur un principe littéraire proche de celui de 'Soldats de Salamine', emporte tout sur son passage au moment de parler de l'âme de la démocratie, de l'éthique politique et de lien des hommes avec leurs pères.
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