J'ai longtemps hésité.
Le plan 'fausse bonne idée' je me disais.
Je me disais: un ex du temps genre 'c'était mieux avant',
un ex de la gloire extrêmement américaine et qui donc nous échappe un peu beaucoup des fois,
un ex du temps d'avant qui villégiate à Las Vegas, coin extrêmement américain qui lui ne nous échappe pas vraiment,
un ex qui revient acoustique,
un ex qui revient avec Rick Rubin aux manettes.
Je me disais que ça puait donc la vraie 'fausse bonne idée'.
Pourquoi ?
Parce que Johnny Cash.
Parce que les 4 + 1 + 'Unearthed' de Cash et Rubin ont été tellement marquant que enfin, merde, faudrait pas que vire à la recette.
Et puis Neil Diamond, enfin merde, dans mon panthéon perso construit depuis ma mômitude, ça se situe pas au même niveau.
Disons que Cash c'est une espèce de Phelps dont on sait les produits qu'il a pris alors que Diamond, à la base, je sais juste qu'on m'a dit qu'il sait nager.
Mais voilà.
Je sais qu'il sait nager, mais je sais un peu quand même parce qu'en fait je connais parce que ma Maman, celle qui à 75 ans aime toujours Noir Désir live, Bob Marley (mais pas trop 'Uprising'), qui en a toujours secrètement pincé pour le beau Bob Dylan (sûrement pour ça qu'elle n'aime pas Françoise Hardy réalisé-je à l'instant même) etc, etc, etc... parce que ma Maman donc, a toujours eu des albums de Neil Diamond.
Des 33T.
Du 'Best Of', 'Greatest Hits' (plus précisément 'Grandes Exitos' puisqu'achetés en Espagne du temps que le Roi n'était pas encore genre par exemple... des vieux trucs, quoi).
Donc je sais qu'il sait nager... mais dans mon esprit, c'est toujours resté connoté musique à Maman (comme Michèle Torr restera toujours et à jamais connoté musique à Papa, mais quand même moins et même beaucoup moins que musique de merde... mais d'un autre côté faut être honnête aussi et surtout, avant vindicterie globale et moquage en règle de mon Papa, signaler que mon Papa a vu Hendrix on stage à Paname en première partie de vous savez qui... ouèp, je sais ça fait mal).
Alors un album de Neil Diamond, même avec Rick Rubin... pf.
On verra.
Ou pas.
D'ailleurs.
Et puis voilà.
Je tombe dessus.
Et je tombe de haut.
De deux choses l'une soit c'est un autre qui chante, soit les 33T de ma Maman sont des faux.
La voix n'est plus la même.
Trouvé-je.
Ou bien, si, c'est la même, mais le temps (et quoi d'autre ? l'air de
Vegas ?) a fait joliment son oeuvre. Et auquel cas, les disques de ma
Maman sont des vrais.
On n'est pas aux portes de l'emphysème comme lors des derniers Cash. Il n'y a pas la dimension tragique des derniers testaments musicaux du Man In Black.
Quand bien même les similitudes sont grandes (des pointures en studio -
Mike Campbell, Benmont Tench, Smoky Hormel ou Natalie Maines - un album
essentiellement acoustique...), on est ailleurs.
Que des choses écrites pour cet album.
Des sonorités beaucoup plus country.
Mais surtout un exercice complètement différent.
Là où Rubin plaçait comme un juste aboutissement Johnny Cash au sommet, non pas de la musique américaine, mais de la reconnaissance publique de son art, il place, à mon sens, Neil Diamond sur la trajectoire d'une oeuvre encore en mouvement, en face de superbes choses encore à venir.
Là où Cash était de fait dans le crépusculaire, Diamond pourrait bien être au début d'un autre quelque chose.
C'est comme ça que je ressens le truc au moment de l'écouter. C'est
aussi comme ça que le titre de l'album me le laisse entendre.
'Home Before Dark' m'est une très jolie surprise !
Et surtout 'If I Don't See You Again' est un titre absolument magnifique... je vous le propose en écoute ci-dessous.
Enjoy !!!
Le seul but de ces mises en ligne est de partager, de faire connaitre et, le cas z-échéant, de donner envie...
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