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Chrome Dreams II

http://img114.imageshack.us/img114/9231/51pgyd7h2bilaa240qo6.jpg

Alors voilà.

Je suis entré dans 'Chrome Dreams II' par la mauvaise porte.
J'y suis entré avec 'Chrome Dreams' en tête.
Avec ce truc que tout die-hard fan du Loner a dans ses parages. J'y suis entré avec 'Chrome Dreams' en tête.
Je savais qu'il ne fallait pas.
Que cela n'avait rien a voir.
Forcément.
Je me le suis dit avant même d'acheter le 'II'. Mais il y a des choses qu'on ne commande définitivement pas.
Je me demande encore pourquoi il a intitulé 'Chrome Dreams II' , 'Chrome Dreams II'  ?
Of course il explique ceci ici et cela là-bas. Mais pourquoi a-t-il intitulé 'Chrome Dreams II', 'Chrome Dreams II' ?
Les albums oubliés de Shakey, il y en a. Des officiels comme des 'qui auraient pu exister tant à certains moments Young pondait des titres et des titres et des titres qui ne sont jamais sortis que sur boots'. Sans même parler de l'officiel qu'on ne trouve plus.
Deux albums au moins jamais sortis. 'Chrome Dreams' donc, et 'Tonight's The Night', of course.
Quoi 'Tonight's The Night' est sorti ?
Oui, 'Tonight's The Night' est sorti !
Mais quid de 'Tonight's The Night' ?

C'est important ça. L'album, chez Young, n'a jamais été un simple tracklisting. Réussi ou raté, mythique ou oublié... peu importe. Neil Young n'a jamais construit ses albums au hasard. Pour le meilleur, pour le pire... peu importe.

A partir de là, 'Tonight's The Night' est-il jamais vraiment sorti ?

Bref, j'ai merdé en prenant la mauvaise porte.
Celle de la référence à un passé particulier, celui (le passé) de '77. Celui d'un de mes premiers boots.

Et comme un con, en essayant de sortir de 'Chrome Dreams' pour entrer dans le 'II', j'ai pris une seconde mauvaise porte.
Je suis entré dans le 'II'  en commençant par 'Beautiful Bluebird'. Soit, pour celles et ceux qui ne savent pas, j'ai commencé le 'II' par le premier morceau.

Et j'ai failli ne pas aller plus loin.

Je me méfiais avant tout des 18 mn de 'Ordinary People', survendue à longueur d'articles ou de communiqués de presse repris ici et là... Rhâ! cet insipide dossier dans R'n'F... dont il s'agissait paraissait-il de la première interview depuis si looooongtemps, quand le Loner avait pourtant ouvert une porte donnant accès à une vue abyssale sur ses tourments et son âme en souffrance à l'occasion de la sortie de 'Prairie Wind'. Moment de vraie confession de l'artiste à l'époque, pour qui sait.
Moment rare d'un silencieux, qui parlait de 'Prairie Wind' et de ce moment de vie entre maladie, mort de proches et deuil à faire... comme R'n'F fait petit et besogneux à côté...

Bref, mal barré dans la chose. Je me préparais au calvaire des gens ordinaires et j'étais déjà cueilli telle l'olive à froid, première pression par un bel oiseau bleu...

Et puis voilà.
Quelque chose qui m'est familier chez Young m'a chopé de plein fouet.
Le truc qui fait le rapport de moi à lui depuis tant et tant d'années: la grâce.

Cet espèce de machin qui chez lui me touche. Ce truc qui n'est pas toujours-là. Qu'il faut chercher des fois. Qui n'est présent qu'avec parcimonie parfois. Qui déborde des fois. Toujours sincère. Des fois maladroite. Mais qui me renverse toujours quand elle débarque.
Un peu comme ces trucs qui font que certaines personnes nous font vibrer sans qu'elles ne le sachent ni même ne le cherchent. Ces choses qui ne sont pas toujours là, parce que des fois, c'est juste comme ça. Qui ne sont pas toujours là où et quand on aimerait qu'elles soient.
Au début, ça fâche, ça vexe, ça déçoit... et puis avec le temps, on comprend qu'elles ne nous appartiennent pas et qu'après tout, la parcimonie dans l'émotion préserve le truc.

Alors dire quand c'est venu dans 'Chrome Dreams II' ... franchement, je n'en sais foutre rien. Je m'en suis juste rendu compte quand l'alors indigente 'Beautiful...' m'est passé comme une lettre à la poste.
Juste la lecture en boucle ne m'en a plus fait le bof-bof morceau d'entrée de l'album, mais m'en a fait un morceau de l'album à part entière.
Et comme donc je sais le soin (le prenage de tête ?) que le Loner met à la composition du tracklisting, je m'a dit qu'il m'adressait sûrement un message en forme de pied au cul, quelque chose comme: 'Homme de peu de foi...' (le reste, je ne le dis pas... c'est trop personnel).

Alors je pourrais disséquer les titres, les sons, les longueurs, les comparaisons, les clins d'oeil, les réminiscences, ma théorie des cycles NeilYoungien, l'émouvant retour d'Old Black (supposé, réel ou fantasmé, j'en sais rien et je m'en fous)... mais même pas j'en ai envie.

J'ai juste envie de dire que cet album de Neil Young m'est entré droit dans l'irrationnel et le sensible que j'ai en surplus.

Qu'à mon goût 'Youngien', il s'agit d'un machin dont j'ai envie qu'il m'accompagne, auquel j'ai envie de demander des comptes dans bien longtemps encore, dont j'ai déjà envie de dire qu'il efface tout ce qui est venu depuis l'immense, définitif, incontournable 'Sleeps With Angels' et que ce petit con d'album (c'est affectif chez moi) n'a pas intérêt à me décevoir sur la longueur, parce que des comptes, je sais que je vais lui en demander.
Au moins autant que ce que je suis prêt à lui laisser passer.
Au moins autant que la mauvaise foi que je suis prêt à déballer pour le défendre.

Parce que si à un moment il faut lui casser la gueule pour tout ce qu'il aurait pu être si Neil Young vivait encore au début des années '70, je veux être celui qui cognera...

En douce et dans l'anonymat.

Parce que devant tous les autres, je suis prêt à le défendre.
A cogner bas.
A mordre s'il le faut.
Et à vous pisser dessus.
C'est dire.

Je vous préviens d'ores et déjà: Ne jamais dire du mal devant moi de 'Chrome Dreams II' et encore moins de Neil Young.
Sauf si c'est moi qui parle.

J'ai dit !

YEAH !!!

Commentaires

J'ai failli écrire un chouilla sur cet album de mon côté aussi... je crois que sur ce coup-là on est pile poil bien dans la même case. Le loner a toujours pas sorti "Chrome Dreams", et puis aussi (et surtout ?) Time Fades Away, ce live de 73 qu'on trouve que parfois chez les vieux disquaires ou lors de ventes de vyniles, laissé pour compte, le pauvre.
Cet album est pas transcendent. Il me rappelle un peu le Sleep With Angels, en moins monumental, mais avec cet esprit "youngien" qui décale le contenu vers quelque chose de plus élevé, de plus lourd de sens. Même "Beautiful Bluebird" annonce les mêmes augures d'un "My Heart", pas de piano déglingué mais une sorte de nostalgie pervertie par des accords qui font effet de dissonance. Ah ça y est, je m'emporte aussi, WTF, je devrais aller me coucher.
Merci pour ton blog que je vais pas tarder à creuser une fois les partiels passés... 'cause you know how time fades away ;)

Bon courage pour tes partiels !
En cherchant par ailleurs sur le blog, tu trouveras une chronique que j'avais publié sur 'Sleeps With Angels'...

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