Johnny Cash
Donc, l'exploitation post-mortem du Man In Black attirera moult maisons de disques, qui, s'appuyant sur telle ou telle légitimité validée, n'en doutons pas, par les cabinets d'avocat les plus pointus, la larme à l'oeil et la main (de fer avec un doigt de vaseline) sur les comptes en banque (les leurs, les miens) nous abreuveront d'éditions DeLuxe blindées de bonus exclusifs, de coffrets, de ré-éditions 'Dolby-5.1-SACD-mega-surround-qui-déchire-la-race', etc, etc...
A nous de trier le bon grain de l'ivraie...
Du plus douteux (le biopic 'I Walk The Line' et ses reprises vomitoires par le tâcheron vocal qui a servi d'acteur) au meilleur (les coffrets 'Legend') en passant par le plus sordide (le 'American Recordings V' qui sous prétexte de nous refourguer du sûrement bon matériel, ne peut s'empêcher de contenir en son sein le 'mis-en-avant' pour la promo du dernier morceau écrit et chanté par Johnny Cash... et 'American VI' contiendra-t-il son dernier souffle, son dernier râle ?)
Dans le rayon du meilleur, je viens d'acheter 'Johnny Cash - Personnal File'. Au vu des quelques lignes qui précèdent, vous imaginez sans doute les réticences qui furent les miennes à la connaissance de cet album... hé bien ce sont deux-trois chroniques lues ici et là qui me firent envisager au moins l'écoute, c'est le label qui eut raison de ma résistance... Le 'Personnal File' est publié par Columbia - Legacy. Pour la petite histoire (narrée entre autre dans l'austère livret intérieur - rédigé par Greil Marcus) un des fils Cash, John Carter, est tombé sur des stocks de bandes de son père alors qu'il travaillait à la fermeture du House of Cash (musée, bureau et notamment du studio d'enregistrement privé). Il fit appel à Steve Berkowitz de Legacy Recordings. Les bandes partirent vers New York où le staff de Legacy s'attarda plus particulièrement sur des bandes intitulées 'Personnal File'. Il s'agit essentiellement de bandes datant du début des années '70. Il s'agit exclusivement de bandes sur les lesquelles Johnny Cash chante seul avec une guitare acoustique. Et le résultat est somptueux. Si proche et si lointain des 'American Recordings'. Proche pour le côté seul et guitare (quoique le travail de Rick Rubin a permis beaucoup de duos et de morceaux avec accompagnement), mais surtout lointain car le pathos est ici complètement absent. Autant les derniers enregistrements de Cash ressemblent à un chant du cygne (noir) avec la voix qui s'éteint peu à peu, le souffle qui se raccourcit toujours plus... comme une course contre la destinée... autant les 'Personnal File' nous permettent d'écouter un chanteur agé d'une quarantaine d'années et qui est en pleine possession de ses moyens vocaux. La voix est majestueuse, profonde, chaleureuse. Le morceaux sont courts généralement, un poème récité ici, des présentations de morceaux là, là, là et là... des titres originaux, des reprises... Mais rien à voir avec les 'American Recordings' ou plutôt si... avec la partie 'My Mother's Hymn Book' du coffret 'Unearthed'...
L'objet est dans la droite ligne des ré-éditions Legacy, à savoir une petite pochette transparente autour du coffret, un coffret cartonné avec traitement sépia des photos, un livret dont j'ai parlé plus haut et donc deux cd.
Certes, je suis fan. Certes, je le suis depuis longtemps. Certes, je vous accorde le fait que la récente Cash-mania m'a gonflé au plus haut point, notamment les celles et ceussent qui prenant le train en route, deviennent des hyper-actifs de la chose, des 'connaisseurs' sans borne de l'art du bonhomme, des zélateurs typiques façon 'convaincus de la dernière heure', des donneurs de leçon qui savent tout sur tout... ceci dit, je me permet juste de dire que les aficionados de l'Ipod, du zapping musical, du Cash qui chante 'Hurt' ("Oh Mon Dieu mon chou... cette video est tellement top... et cette voix... par contre le vieux ressemble pas trop à Phoenix... ils auraient pu faire un effort...") risquent de trouver le temps long et le décor aride...
Mais le trésors se méritent... les attentes encore plus longues que celles qu'on connait parfois dans les files d'attentes des multiplex Gaumont permettent d'entrer vraiment dans l'art et la profondeur des choses... Parce qu'autant le dire, 'Personnal File' vous prennent par l'âme dès le premier morceau et ne vous relâchent qu'après 49 titres... pour ceux qui sont entrés dans la magie... les autres, seront ressortis après 4/5 morceaux pour les plus courageux, ils auront télécommandé le passage rapide de quelques autres titres... et puis ne feront pas l'effort d'écouter le second cd... L'objet reposera sur quelque étagère, si possible en vue, ça fait toujours bien d'avoir du Johnny Cash dans sa discographie, ça pose le connaisseur... ça fait un album de plus dans la liste de ceux qu'on a, qu'on n'aime pas vraiment, qu'on veut garder mais qu'on n'écoute jamais... tiens, je suis sûr que 'Nebraska' n'est pas loin...
Un double album exigeant, un double album majestueux, un double album qui replace l'art du Man In Black à sa place exacte, un peu ailleurs que là où les excellents 'American Recordings' l'avaient mené...
9 morceaux en écoute.
Enjoy !!!
Le seul but de ces mises en ligne est de partager, de faire connaitre et, le cas z-échéant, de donner envie...
Volontairement je ne diffuse de la musique qu'en mp3 56k ou 64k. L'objectif n'est pas de vous proposer de télécharger. Si ces artistes vous plaisent, achetez leur musique !













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